Commentaire 24 : Moscou : le visage de la terreur

Blog de diogenhour :Affaires Eurasiatiques et Internationales/Eurasian and International Affairs, Commentaire 24 : Moscou : le visage de la terreur

L'un des deux suspects des attentats sanglants  du 29 avril dans le métro de Moscou, qui a fait 40 morts et environ 90 blessés, a été identifié. Il s'agit de Djennet Abdurakhmanova, 17 ans,  et veuve du leader "rebelle", d'origine daghestanaise, Oumalat Magedenov (aussi sur la photo) tué le 31 décembre 2009 par les forces russes*.  

PhC

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* Nous tenons à nous associer au deuil du peuple russe, et en particulier, à partager le chagrin des proches des victimes, en ce moment terrible !

vendredi 02 avril 2010 20:24


Commentaire 23 : 20 ans après un continent toujours divisé

Blog de diogenhour :Affaires Eurasiatiques et Internationales/Eurasian and International Affairs, Commentaire 23 :  20 ans après un continent toujours divisé

Vingt après l’euphorie qui avait accompagné la chute du mur de Berlin,  l’unité de l’Europe, comme celle l’Allemagne, est encore loin d’être réalisée.

En effet, le fossé économique, social et surtout psychologique est loin d’être comblé.

En Allemagne, malgré les 1300 milliards d’euros transférés à l’est du pays depuis 1990, le niveau de vie demeure toujours plus faible et le taux de chômage  est deux fois plus élevé qu’à l’ouest.

Les länder de l’ancienne République démocratique allemande (RDA) ne devraient rattraper ceux de l’ancienne République fédérale d’Allemagne (RFA) qu’à l’horizon 2019.  

Au sein de l’Union européenne (UE), on retrouve cette division entre l’Est et l’Ouest.

En 2007, les anciens satellites de l’URSS  sont toujours fortement en retard sur les pays d’Europe occidentale. En standard de pouvoir d’achat (SPA), base 100 en 2007 pour l’UE à 27, la Bulgarie était à l’indice 37, la Roumanie à 42, la Pologne à 53,7, la Hongrie à 62,8. Seule la Slovénie, ancienne république yougoslave, était proche de la moyenne, à 89,3.

En dépit de la forte croissance économique qu’ont connue l’ensemble des pays de l’Est depuis dix ans, le chemin à parcourir demeure encore long. A ce rythme de développement, il faudra attendre 2030 ou 2040 pour que le niveau de vie du continent soit homogène.   

Rapports à la Russie

En ce qui concerne les rapports à la Russie, successeur légal de l’URSS, ils sont toujours empreints de préjugés issus de la lutte idéologique passée.

A Washington, comme dans les capitales européennes, le sentiment de méfiance, voire de paranoïa domine : la Russie est toujours vue à travers le prisme de la Guerre froide.

Symétriquement, à Moscou, la rhétorique anti-occidentale  demeure fort populaire.

Toutefois,  le 8 novembre, avant son départ pour Berlin afin d’assister aux festivités,  le président russe Dmitri Medvedev regrettait la fragilité des rapports entre son pays et l’UE.

La chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, n’a donc pas débouché sur la fin de l’Histoire  comme l’avait prédit Francis Fukuyama.

En effet, le monde n’est toujours pas uni autour des valeurs de démocratie et d’économie de marché, ces valeurs sont toujours critiquées dans la partie du monde non occidentale.  En outre, la crise économique et financière mondiale qui a débuté en septembre 2008 a entraîné un questionnement sur le bien fondé du système économique actuel.

A la veille de ce jour historique, 12% des allemands (12% à l’ouest et 13% à l’est) regrettent le mur.  En Europe de l’Est, 60% des bulgares demeurent nostalgiques du système socialiste et plus de 50% des russes regrettent l’Union soviétique.

Vingt ans après, les promesses d’une vie meilleure, grâce à l’adoption des valeurs occidentales, restent un songe d’une douce nuit de novembre pour les peuples d’Europe orientale et de l’ancienne URSS.

L’Histoire continue…tant qu’il y aura des hommes !

PhC

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Actualité géopolitique d ela semaine sur le Web :

http://www.diploweb.com/Les-murs-en-l-an-2009-20-ans-apres.html

http://www.diploweb.com/Le-9-novembre-1989-la-chute-du-mur.html

http://www.regard-est.com/home/breves.php?idp=1222&PHPSESSID=7ebb141e226a2fd850ec90edf7c0658b

 

lundi 09 novembre 2009 22:12


South Stream contre Nabucco*

Blog de diogenhour :Affaires Eurasiatiques et Internationales/Eurasian and International Affairs, South Stream contre Nabucco*

« Si quelqu’un veut creuser la terre pour y enterrer des tubes en fer, il est libre de le faire, cela nous est égal. », a déclaré le président russe Vladimir Poutine, lors de la signature au Kremlin de l’engagement de la Hongrie dans le projet South Stream, en février 2008.

Depuis le lancement en novembre 2007 du projet de gazoduc russo-italien South Stream, qui a pour objet de concurrencer le pipeline Nabucco soutenu par l’Union européenne (UE) et les Etats-Unis,  une véritable guerre psychologique oppose Moscou à Bruxelles et Washington.

La principale raison d’être du projet  Nabucco est d’éviter le territoire et le gaz russes, afin de réduire la dépendance énergétique européenne, alors que 41% de son or bleu consommé provient de Russie (dont une partie est achetée par Gazprom en Asie centrale). Mais en raison de problèmes d’approvisionnement et de divergences financières  entre les Etats membres de l’UE, les travaux de terrassement pour le passage de Nabucco, lancés dès 2002, n’avancent que très lentement, ce qui a permis à la Russie de proposer la voie alternative du South Stream. 

Le projet Nabucco

Le tracé du gazoduc Nabucco s'étend sur 3.300 kilomètres. Il démarre avec deux branches, l'une partant de la frontière turco-géorgienne, la seconde de la frontière turco-iranienne, traverse la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie. A Baumgarten en Autriche, il rejoint le réseau européen

Le consortium Nabucco Gas Pipeline International GmbH, a été créé à Vienne en 2004. Composé à parts égales (20%) de l’Autrichien OMV, du Turc Botas, du Bulgare Bulgargaz, du Roumain Transgaz et du Hongrois MOL, il s'est adjoint, à partir de février 2008, l'Allemand RWE. La participation des partenaires s'en est trouvée réduite à 16,67% chacun.

 La phase active de la pose du gazoduc devrait débuter en 2011 ce qui permettrait à Nabucco d’être opérationnel en 2014. Il aura une capacité maximale de 31 milliards de m3 par an et nécessitera un investissement de 7,9 milliards d'euros [1].

En septembre 2009, le problème structurel de son approvisionnement était très loin d’être résolu puisque seulement 3 milliards de m3 de gaz azerbaïdjanais étaient, théoriquement, disponibles pour l’année 2015. Or, la rentabilité de Nabucco n’est assurée que s’il transporte le volume de gaz prévu. C’est pourquoi l’UE compte sur d’autres sources d’approvisionnement (Asie centrale, Irak, Iran) mais aucune ne semble réellement satisfaisante.

L’acheminement de gaz d’Asie Centrale (Kazakhstan et Turkménistan) suppose la construction d’une liaison passant sous la Mer Caspienne. Mais depuis l’éclatement de l’Union Soviétique en 1991, les pays riverains (Russie, Azerbaïdjan, Kazakhstan, Turkménistan et Iran) n’ont pas réussi à définir son statut [2]. De ce fait, tout projet transcaspien nécessitera l’accord des cinq Etats, dont celui de la Russie, vis-à-vis  de laquelle l’UE cherche à réduire sa dépendance énergétique.         

En avril 2008, Bruxelles a annoncé la conclusion d’un accord avec Bagdad pour la livraison de 5 milliards de m3 de gaz irakien. Mais la viabilité de cet accord demeure fortement dépendante de la sécurisation et de la stabilisation économique et politique du pays à long terme.

L’Iran, qui détient les deuxièmes réserves gazières au monde après la Russie,  pourrait aussi être une source précieuse pour le remplissage de Nabucco, mais les suspicions américaines et européennes envers Téhéran à propos de son programme nucléaire rendent difficile  l’instauration d’une coopération.

En dépit de la signature  le 13 juillet 2009 d’un accord de transit, longtemps différé,  entre les pays européens et la Turquie, et de l’engagement pris au mois de mai par la Banque européenne d’investissement de financer jusqu’à 25% du projet, l’incertitude continue de peser fortement sur son approvisionnement.

Le projet South Stream

Cette incertitude a bénéficié à Moscou qui en a profité pour avancer le projet South Stream et s'associer à l'Italie. C'est ainsi que le président Vladimir Poutine et son homologue Romano Prodi signent, le 22 novembre 2007, un accord pour le projet de gazoduc alimentant l’Europe. Le tube sera exploité par une co-entreprise détenue à parts égales par Gazprom et l'Italien Eni.

A partir de la station de compression de Bregovaya, sur la côte russe, le tracé du South Stream passe sous la mer Noire (soit 900 kilomètres), à une profondeur maximale de 2.000 mètres pour atteindre Varna en Bulgarie.

A partir du territoire bulgare, une branche sud passant par la Grèce atteindra le détroit d’Otranto au sud de l’Italie, et une branche nord traversera la Bulgarie, la Serbie, la Hongrie et la Slovénie jusqu’au nord de l’Italie. En 2007, le coût estimé  de South Stream était de 14,8 milliards de dollars et  il devait permettre l’exportation de 31 milliards de m3 de gaz vers l’Europe à l’horizon 2013. Mais depuis, à l’image de Nabucco, les délais, les coûts ainsi que la capacité ont été modifiés. Le 15 mai 2009, lors de la signature d’accords portant sur la construction et la maintenance du gazoduc entre Gazprom et les pays de transit, ce dernier a annoncé que South Stream aurait une capacité annuelle de 63 milliards de m3 et serait mis en service le 31 décembre 2015. L’augmentation du coût demeure le principal problème, les nouveaux calculs montrent qu’il pourrait atteindre 25 milliards d’euros, soit plus de trois fois le coût de Nabucco. 

Mais, contrairement à ce dernier, South Stream sera totalement pourvu en ressources, car selon Vladimir Poutine son pays pourra fournir l’Europe en gaz pour les cent prochaines années.

Cette garantie d’approvisionnement constitue un atout de poids et a fortement pesé sur la décision des gouvernements d’Europe de l’Est, lorsqu’ils ont dû choisir entre Nabucco et South Stream.     

L’Europe de l’Est en ordre dispersé

Si la Roumanie a exprimé un choix clair pour Nabucco tandis que la Serbie et la Slovénie se sont exprimées en faveur de South Stream, il  n’en va pas de même pour la Bulgarie et la Hongrie qui ont adhéré aux deux projets.

 Les relations actuelles entre les pays d’Europe de l’Est et Moscou  dépendent des rapports qu’ils ont entretenus avec l’Union soviétique.

De ce fait, comme le relève Pierre Verluise « il en résulte des représentations variées de la Russie postsoviétique. » [3] En 2004 et 2007, l’adhésion à l’UE des anciens membres du camp socialiste a montré la complexité de leurs rapports avec Moscou, en révélant une dichotomie entre le discours politique, souvent critique, et le discours économique, davantage pragmatique.

Ainsi, au cours de l’année 2008, tout en étant associées au projet Nabucco, la Bulgarie et la Hongrie, qui importent respectivement 90% et 60%  de leurs  besoins gaziers de Russie, ont signé des accords avec le Kremlin pour rejoindre South Stream. Ces deux pays cherchent avant tout à diversifier et à sécuriser leurs approvisionnements, car ils demeurent sceptiques quant à la réalisation de Nabucco.

En évitant le territoire ukrainien, South Stream leur garantit des livraisons stables car il signifie la fin des coupures consécutives aux conflits gaziers russo-ukrainiens, comme cela a  encore été  le cas en janvier 2009.

D’autre part, ces pays ont négocié des avantages économiques en échange de leur participation au projet russo-italien. La Hongrie a obtenu la construction d’un réservoir pouvant contenir 1 milliard de m3 de gaz russe, ce qui contribuera aussi à améliorer la sécurité énergétique du pays. De son côté, la Bulgarie a demandé un prêt à Moscou pour l’aider à financer la construction d’une centrale nucléaire dont le coût s’élèverait à 4 milliards d’euros et devrait diminuer sa dépendance énergétique.  

Par ailleurs, le passage de South Stream constituera une source additionnelle de revenus, puisque Sofia et Budapest percevront des droits de transit.

Contrairement au pragmatisme bulgare et hongrois, et en dépit des pressions italo-russes, les roumains continuent de soutenir Nabucco. Mais ce choix semble logique tant il est dans la continuation de la politique d’indépendance menée vis-à-vis de Moscou héritée de l’ère Ceaucescu.

De plus, la Roumanie demeure le premier producteur  de gaz (33 millions de m3/jour, 56% de ses besoins) et de pétrole (105 000 barils/jour, 50% de ses besoins), d’Europe centrale et orientale ce qui lui permet de jouir d’une relative indépendance en la matière et de jouer  un rôle actif dans le développement de la stratégie énergétique de l’UE.

La spécificité serbe

Le cas de la Serbie est particulier à plusieurs titres : elle est issue de l’éclatement de la Yougoslavie, ravagée par les guerres de Croatie et du Kosovo, isolée internationalement, elle n’est pas membre de l’UE.

Depuis les années 1990, cette situation a conduit le pays, reconnaissant du soutien indéfectible de la Russie pendant ses heures sombres, à se rapprocher économiquement et politiquement de Moscou. 

Le 9 septembre 2008, le parlement serbe a ratifié le pacte énergétique qui octroyait  51% des parts de Naftna Industrija Srbije (NIS), le monopole public énergétique national, à Gazprom en échange de la participation de Belgrade à South Stream.

Les termes de l’accord, favorables à la Russie [4], peuvent être considérés comme une récompense des efforts russes pour éviter la sécession du Kosovo. 

Mais Belgrade, qui importe 90% de son gaz de Russie, voit aussi dans South Stream le moyen de garantir une énergie moins coûteuse, une croissance économique plus rapide et la création de 100 000 emplois.

De plus, la Serbie accueillera la plus grande partie du tracé terrestre sur son territoire, plus de 450 km, et abritera un réservoir souterrain d’une capacité de 300 millions de m3. Le volume de gaz transporté par le tronçon serbe a été doublé, de 10 milliards de m3 annuels à 23 milliards, ce qui doublera aussi les recettes liées au transit. 

Par ailleurs, Moscou a promis d’investir 500 millions d’euros dans la modernisation de l’infrastructure énergétique serbe.

Enfin, si d’autres pays balkaniques venaient à se brancher sur la section serbe de South Stream, Belgrade percevrait des droits de transit supplémentaires.

Finalement, en 2009, la réalisation des deux projets de gazoduc demeure incertaine pour des raisons d’approvisionnement ou de coût. A l’horizon 2013-2015, l’amélioration de l’efficacité énergétique et le développement  des énergies renouvelables dans les pays de l’Est pourraient constituer une alternative sérieuse au desserrement de la contrainte russe.

PhC

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[1] Les prévisions réalisées en 2002 envisageaient une mise en service du gazoduc en 2012 et un coût compris entre 5,3 et 5,8 milliards d’euros.

[2] Il existe deux options : soit la Mer Caspienne est considérée comme un lac (positions russe et iranienne), soit elle est reconnue comme une mer (positions azerbaïdjanaise, kazakhe et turkmène). Dans le premier cas, la mer Caspienne est détenue et exploitée en commun, dans le second cas, elle est délimitée en secteurs nationaux. 

[3]  Pierre Verluise, « 20 ans après la chute du mur », Choiseul, 2009, p. 217. 

[4]  Gazprom a acquis  51% de NIS pour un montant de 400 millions d’euros tandis que le cabinet Deloitte avait évalué la totalité du groupe serbe à 2,2 milliards d’euros.  

*Manuscrit clos le 15 septembre 2009.
Publié le 2 octobre 2009 in Dossier n°52, Dépendance énergétique à la Russie, dans Revue Regard Sur l’Est.

 Actualité géopolitique de la semaine :

http://www.diploweb.com/Georgie-l-UE-appelee-a-perenniser.html

http://www.diploweb.com/Le-Caucase-a-la-croisee-des-routes.html

http://www.diploweb.com/La-crise-en-Russie.html

http://www.regard-est.com/home/breve_contenu.php?id=1013

http://www.regard-est.com/home/breve_contenu.php?id=1009&PHPSESSID=6c4c937a651cd797efee71be002d0e9f

samedi 24 octobre 2009 15:53


Commentaire 22 : Climat orageux entre Minsk et Moscou

Blog de diogenhour :Affaires Eurasiatiques et Internationales/Eurasian and International Affairs, Commentaire 22 : Climat orageux entre Minsk et Moscou

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 28 mai 2009, à l’issue d’une rencontre avec le Premier Ministre russe, Vladimir Poutine, à Minsk, le Président Alexandre Loukachenko a refusé la nouvelle tranche de crédit d’une valeur de 500 millions de dollars, sous prétexte qu’elle était libellée en roubles et non en dollars américains.

Cette tranche constituait la dernière d’un crédit de 2 milliards de dollars consenti par Moscou, et dont Minsk a reçu une première tranche de 1 milliard de dollars en novembre 2008 et une deuxième de 500 millions de dollars en mars 2009, afin d’aider son allié slave à faire face à la hausse du prix du gaz russe.

En prélude à l’entretien entre le Premier Ministre russe et le Président bélarusse, Alexei Koudrine, Ministre russe des finances avait mis publiquement en doute la solvabilité du Bélarus, en prédisant un épuisement des réserves de change du pays au cours du troisième trimestre 2009.

En outre, Alexei Koudrine a invité les autorités bélarusses à stabiliser l’économie.

Ces critiques reflètent la pensée d’une grande partie des officiels russes pour lesquels Minsk ne survit que grâce à la générosité de Moscou.

Tensions russo-bélarusses

Les relations entre les deux pays slaves demeurent tendues à cause notamment de l’augmentation du prix du gaz russe. Bien que le prix soit passé de 100 dollars les 1 000 m3 en 2007 à 148 dollars au premier trimestre 2009, son niveau reste encore inférieur de 50% à celui que la Russie facture aux États membres de l’Union européenne (UE).

En échange de l’aide russe, Moscou souhaiterait acquérir, à un prix attractif, certaines entreprises bélarusses compétitives du secteur pétrochimique, ce que Minsk continue de refuser.

Comme le montre Iaroslav Romanchouk, analyste politique bélarusse « Alexandre Loukachenko a signé un grand nombre d’accords avec la Russie et il n’a appliqué que ceux qu’il considère profitables ».

De plus, le système largement soviétique qui gouverne l’économie bélarusse ne peut fonctionner, comme à l’époque de l’URSS, que grâce à l’octroi de subventions massives.

Ainsi en 2007, la subvention énergétique russe à Minsk s’est élevée à 5,8 milliards de dollars (3,3 milliards pour le gaz et 2,5 milliards pour le pétrole) sous forme de prix préférentiels.

Cette année là, le budget de l’État bélarusse a été de 14 milliards de dollars, d’après les chiffres du Ministère russe des finances.

De ce fait, la subvention énergétique russe a représenté 41% du budget de son allié, ce qui constitue un montant considérable. Au cours de l’année 2007, le Président Vladimir Poutine a promis de poursuivre cet effort jusqu’au moins 2011.

Perspectives économiques

Comme nous le voyons, la survie économique du Bélarus demeure fortement dépendante de l’aide financière de Moscou.

Les menaces du Président Loukachenko d’approfondir les relations économiques avec d’autres partenaires (Venezuela, Iran, Libye) ou d’améliorer les liens avec l’UE en intégrant le programme de partenariat est-européen (qui inclut cinq autres anciennes républiques soviétiques, l’Ukraine, la Géorgie, l’Azerbaïdjan, l’Arménie et la Moldavie) risquent de s’avérer insuffisantes, même si cela peut permettre à Minsk d’améliorer les termes d’accords économiques futurs avec Moscou.

A court et à moyen terme, aucun État ou organisation (UE, FMI...) n’est en mesure de remplacer la Russie dans le rôle de premier contributeur à une économie soviétique, sans contreparties sérieuses et douloureuses pour Alexandre Loukachenko : la réalisation de réformes économiques et politiques.

Ainsi, le maintien au pouvoir du Président bélarusse reste tributaire du bon vouloir de la Russie.

En même temps, cette dernière ne peut accepter un effondrement de l’économie de sa voisine car cela pourrait avoir des conséquences fâcheuses en termes géopolitiques, qui se traduiraient par une perte d‘influence au détriment de l‘UE.

Finalement, une manière pour Moscou d’alléger le fardeau financier serait d’accélérer la mise en place de l’union douanière entre la Russie, le Bélarus et le Kazakhstan, que le Kremlin souhaite avancer de 2011 à 2010.

Ceci permettrait d’ouvrir plus largement le marché russe (et kazakhstanais) aux produits bélarusses et donc d’améliorer la croissance économique du pays.

PhC

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Actualité géopolitique de la semaine sur le Web :

 

http://www.diploweb.com/Geopolitique-de-l-Europe-Dumont,452.html

 

http://www.diploweb.com/Les-predateurs-du-Kremlin-1907.html

 

 

http://www.diploweb.com/Coree-du-Nord-tension.html

 

http://www.regard-est.com/home/breve_contenu.php?id=968&PHPSESSID=9536a18b53d87f97fc80e3c20721bbf2

 

http://www.regard-est.com/home/breve_contenu.php?id=969

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mercredi 03 juin 2009 21:32


Vingt après la chute du mur

Blog de diogenhour :Affaires Eurasiatiques et Internationales/Eurasian and International Affairs, Vingt après la chute du mur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A travers un récit captivant, Pierre Verluise [1] nous fait revivre les événements majeurs qui ont marqué la fin du XXème siècle : la chute du mur de Berlin et l’effondrement du camp communiste.

La victoire de la démocratie sur la dictature et celle de l’économie de marché sur le socialisme, loin de signifier la « fin de l’histoire » telle que l‘avait claironnée Francis Fukuyama [2], nous ont légué un monde instable et par conséquent imprévisible.

Même si les Etats-Unis sont devenus l’unique superpuissance globale et que le continent européen, à commencer par l’Allemagne, est de nouveau uni, la paix et la prospérité promises au monde par le camp occidental, il y a vingt ans, semblent être encore une frontière infranchissable.

En effet, le vent du changement, dont j’ai eu la chance de sentir les effets à Saint-Pétersbourg en août 1993, et qui avait balayé les démocraties populaires les unes après les autres (1989) avant d’abattre l’Union soviétique (1991), a aussi laissé de profondes blessures, qui ne sont pas totalement refermées en ce début de XXIème siècle.

Un moment américain

Pierre Verluise nous rappelle la stratégie soviétique qui a consisté, à partir de l‘arrivée au pouvoir de Mikhaïl Gorbatchev, en mars 1985, à associer l’Occident au partage du fardeau financier du camp socialiste. La principale motivation de la perestroïka était de libéraliser la politique intérieure soviétique pour rendre acceptable aux yeux du camp occidental son parasitage par le bloc socialiste.

Le principal instrument de cette politique a été l’endettement soviétique auprès des pays d’Europe occidentale.

La direction soviétique espérait s’aliéner cette dernière en suspendant le paiement de sa dette extérieure, ce qui s’est effectivement produit le 4 décembre 1991 [3].

Dans le même temps, l’accession de Mikhaïl Gorbatchev au Kremlin a permis d’accélérer la fuite des capitaux soviétiques, dont le montant qui a atteint entre 25 et 100 milliards de dollars en décembre 1991, avait le potentiel de déstabiliser les places financières occidentales.

Cette stratégie délibérée d’endettement et de fuite des capitaux avait pour but d’ancrer la zone soviétique à la sphère de prospérité occidentale.

D’ailleurs, la proposition gorbatchévienne de « Maison commune européenne » dès octobre 1985 démontrait que l’Europe de l’Ouest était devenue la priorité stratégique de l’URSS.

A travers cette idée, Moscou espérait imposer une nouvelle construction européenne en excluant les Etats-Unis et en incluant l’URSS.

A partir de 1988-1989, le Kremlin va perdre en partie le contrôle de cette remarquable stratégie.

Sur le plan interne pendant l’année 1988, le pays a dû faire face à l’exacerbation des tensions nationalistes, notamment dans le Caucase. Sur le front extérieur, le maître du Kremlin donnait le signal du retrait des troupes soviétiques d’Afghanistan et signifiait son rejet de la doctrine Brejnev, en octroyant l’indépendance aux partis communistes d’Europe de l’Est.

Un an plus tard, malgré une tentative de relance du projet de « Maison commune », l’URSS acceptait la désintégration du bloc de l’Est.

En juin 1991, l’élection de Boris Eltsine à la présidence de la Fédération de Russie et le putsch contre Mikhaïl Gorbatchev au mois d’août suivant ont accéléré la désintégration de l’Union soviétique qui cessait formellement d’exister le 25 décembre de la même année, après la démission du maître du Kremlin. La stratégie soviétique venait d’échouer, pas uniquement pour ses insuffisances ou pour des raisons internes (impossibilité de réformer le système) mais aussi et surtout à cause de la stratégie américaine.

En effet, dès l’entrée en fonction de l’administration Reagan en janvier 1981, les Etats-Unis se sont employés à asphyxier leur adversaire communiste. La forte croissance du budget de la défense et le lancement de l’initiative de défense stratégique (IDS, guerre des étoiles) a eu pour objet d’entraîner l’URSS dans une course technologique qui a fini par épuiser les ressources de l‘« empire du mal ».

Dix ans après l’accession de Ronald Reagan à la Maison Blanche, le mur de Berlin était tombé, l’Allemagne était réunifiée, à l’intérieur de l’OTAN, et l’effondrement de l’URSS était en marche.

Ce dernier événement signifiait la fin du monde bipolaire hérité de la seconde guerre mondiale.

L’éclatement de l’Union soviétique a provoqué un choc d’une violence inouïe en Russie puisqu‘elle s’est toujours définie comme un empire en expansion.  

Le pays est alors entré dans une période de très fortes turbulences économiques, sociales et politiques (1992-1998). La faiblesse de l‘État central russe a permis son infiltration par les structures mafieuses, qui ont contrôlé jusqu’à 40% de l‘économie et 80% du secteur commercial. Il a fallu attendre l’année 1999, et l’élection de Vladimir Poutine, pour constater les premiers signes concrets du redressement russe.

Les Etats-Unis ont naturellement profité de l’affaiblissement de la Russie pour élargir leur influence en Europe et accueillir dans l’OTAN les anciens satellites est-européens de Moscou. Le 8 juillet 1997, lors du sommet de l’OTAN à Madrid, la Hongrie, la Pologne et la République Tchèque ont été invitées à entamer le processus d’adhésion qui se conclura par leur entrée dans l’organisation militaire le 12 mars 1999, soit dix ans à peine après la chute du mur de Berlin (9 novembre 1989). Le 29 mars 2004, quatre autres pays d’Europe de l’Est (Bulgarie, Roumanie, Slovaquie et Slovénie) et trois anciennes républiques soviétiques (les États baltes : Estonie, Lettonie et Lituanie) ont officiellement adhéré à l’Alliance atlantique.

A ce stade, comme le relève Pierre Verluise, il est intéressant de constater que tous les pays anciennement communistes ont tenu à adhérer à l’OTAN avant de devenir membres de l’Union européenne.

Les années 1990 ont donc permis aux Etats-Unis de devenir la seule superpuissance mondiale, puisque selon Zbigniew Brzezinski « aucune puissance ne peut prétendre rivaliser dans les quatre domaines clés - militaire, économique, technologique et culturel - qui font une puissance globale ».

Mais, l’aube du nouveau siècle va dévoiler les limites de l’hyperpuissance américaine. En 2001, les attentats terroristes de NewYork ont provoqué l’intervention des soldats américains en Afghanistan pour déloger les talibans et surtout, l’occupation de l’Irak à partir de mars 2003 a tourné à l’embourbement.

C’est pourquoi la période 2001-2003 est considérée par l’auteur, à juste titre, comme le début de la fin du « moment unipolaire ».

Il constate aussi, avec raison, que les Etats-Unis et la Russie n’ont pas été les seuls à déployer des stratégies sur le continent européen, ce qui lui permet d‘attirer notre attention sur la spécificité et la complexité de la relation franco-allemande.

Les ambiguïtés de la relation franco-allemande

Le traité de l’Élysée, signé le 22 janvier 1963 entre le Général de Gaulle et le Chancelier Konrad Adenauer, est traditionnellement considéré comme le document fondateur de la relation franco-allemande d’après-guerre.

Or depuis, cette relation a démontré toute l’ambiguïté voire l’opposition qui existe entre les deux pays sur des questions aussi cruciales que l’avenir de l’Europe économique, politique et militaire, ou que ses liens avec les Etats-Unis.

Dès le départ, l’objectif du Général de Gaulle était d’arrimer la République fédérale d’Allemagne (RFA) à une structure européenne supranationale, afin d’éviter qu’elle ne retrouve sa puissance politique passée.

Dans l’esprit du Général, l’Europe se devait d’être une puissance indépendante de Washington.

Pourtant, le 16 mai 1963, le Bundestag (la Chambre basse ouest-allemande) faisait voter un préambule au traité de l’Élysée qui affirmait la dimension atlantiste de la RFA et donnait son accord à l’adhésion du Royaume-Uni à la Communauté européenne.

Cette ambiguïté originelle va se poursuivre par delà les époques et les dirigeants successifs qui ont gouverné les deux pays. Ainsi, le président Georges Pompidou aura montré toute sa méfiance vis-à-vis de la politique de la main tendue à l’Est par Willy Brandt, inversement le Chancelier Helmut Schmidt refusera l’union monétaire proposée par Valéry Giscard d’Estaing à la fin des années 1970.

L’auteur nous montre que les élites françaises ont fait preuve depuis la fin de la seconde guerre mondiale d’un complexe d’infériorité doublé d’un sentiment d’être plus « malines » vis-à-vis des allemands. Par ailleurs, les non-dits, de part et d’autre, issus de la guerre ont aussi pesé lourdement dans le développement d’une relation sereine.

Mais le moment le plus difficile dans la relation franco-allemande a été le refus de François Mitterrand de reconnaître l’inéluctabilité de la réunification allemande alors même que le mur était déjà tombé.

Sa visite à Berlin-est du 20 au 22 décembre 1989 et sa croyance en l’avenir de la République démocratique Allemande (RDA) ont été très mal ressenties par les dirigeants de la RFA.

Au cours des années 1990, l’Allemagne réunifiée a imposé ses vues à ses partenaires européens dans la marche vers la monnaie unique. Ainsi, le nom de la monnaie (l’euro), les critères de déficit (3% du budget) et de dette (60% du PIB), tout comme l’indépendance de la Banque centrale européenne ou la nomination de son premier gouverneur ont été le fruit de la volonté de Berlin.

Par ailleurs, l’Allemagne a aussi exigé l’élargissement rapide aux pays d’Europe centrale et orientale au détriment de l’approfondissement de l’Union européenne (UE), défendu par la France.

L’adhésion de huit pays d’Europe centrale et orientale ainsi que de Chypre et de Malte en mai 2004 et l’entrée de la Bulgarie et de la Roumanie en janvier 2007 ont parachevé la volonté allemande de stabiliser l‘est du continent.

En même temps, le passage d’une Union de 15 à 27 membres a affaibli davantage la relation franco-allemande qui doit désormais faire face à un ensemble de pays aux intérêts divergents et qui refusent le leadership de Paris et de Berlin. Si l’Europe veut avancer, il faut impérativement améliorer la relation franco-allemande ainsi que renforcer ses institutions et combler le fossé économique et social entre l’Est et l’Ouest du continent.

Les défis européens

Le sixième élargissement, qui a accueilli la Bulgarie et la Roumanie en janvier 2007, a accentué les problèmes de l’UE comme le vieillissement de la population, l’appauvrissement relatif et la difficulté à garder les frontières extérieures.

Pourtant, en dépit des difficultés de gestions posées par un ensemble hétéroclite de 27 États, de nombreux candidats officiels, potentiels ou officieux continuent d’exprimer leur désir d’Europe.

Ainsi, la Croatie devrait être le prochain pays à adhérer étant donnée sa faible taille même si des problèmes subsistent quant à la délimitation de sa frontière maritime avec la Slovénie.

La candidature turque continue de faire débat car de nombreux contentieux persistent comme la reconnaissance de la partie grecque de Chypre, le problème kurde ou le rôle de l’armée dans les affaires d’Ankara.

Le poids démographique de la Turquie, qui devrait disposer d’une population supérieure à celle de n’importe quel État membre actuel, à l’horizon 2015, constitue l’entrave la plus sérieuse à son adhésion.

Parallèlement, Bruxelles a identifié des candidats potentiels avec lesquels elle a signé des accords de stabilisation et d’association (ASA) afin d’impulser un développement pacifique des Balkans occidentaux (Albanie, Bosnie, Monténégro, Serbie et…Kosovo).

Enfin, l’Ukraine et la Moldavie constituent des candidats officieux. Mais leurs problèmes internes (instabilité politique chronique chez le premier et séparatisme transnistrien chez le second), sans omettre la réaction de Moscou, hypothèquent sérieusement leurs chances d’adhésion.

Les candidatures de ces anciennes républiques soviétiques posent le problème des limites géographiques et financières de l’UE.

Si l’on définit les frontières géographiques à l’aune de l’identité culturelle, en tenant compte notamment des principes d’égalité, de liberté et de séparation des pouvoirs alors la Turquie et la Russie (qui a aussi ses partisans) ne remplissent pas ces critères.

Au niveau budgétaire, l’action de l’UE demeure très limitée puisque son budget ne représentait que 1% du revenu national brut des 25 États membres en 2005.

Plus inquiétant, les dépenses en recherche et développement ne représentent que 4,5% du budget européen sur la période 2007-2013, soit à peine 10% du budget de la politique agricole commune (PAC).

De ce fait, il est devenu urgent de réformer le budget pour faire face aux enjeux futurs de modernisation et de projection extérieure de la puissance européenne.

En outre, les États membres doivent aussi parvenir à une position commune vis-à-vis des principaux interlocuteurs de l’UE.

Les élargissements de 2004 et 2007 ont altéré les relations de l’UE avec la Russie, les Etats-Unis et la Chine.

Les relations UE-Russie restent fortement marquées par les représentations de la guerre froide.

En règle générale, les pays d’Europe centrale et orientale tiennent à conserver leur indépendance nouvellement acquise envers Moscou.

Cependant, les relations avec l’ancienne puissance dominante revêtent un caractère beaucoup plus complexe, ce qu’illustre le soutien de la Hongrie et de la Bulgarie aux projets de transport de gaz russe en Europe. De leur coté les russes défendent leurs intérêts, en élargissant, par exemple, leur présence économique dans les pays baltes.

La question énergétique demeure centrale dans les relations UE-Russie puisque Moscou est le premier fournisseur européen d’énergie (40% des besoins en gaz et 20% en pétrole).

Cette situation lui permet d’engranger d’importants bénéfices et de développer son infrastructure énergétique pour accroître la dépendance européenne (gazoducs Nord stream et South stream).

La Russie tire aussi avantage de l’absence de politique énergétique commune en Europe pour négocier séparément avec les États (Allemagne, Italie…) et imposer ses vues.

Si les relations UE-Russie demeurent conflictuelles, les liens transatlantiques tendent à se renforcer.

En 1999 et 2004, l’entrée dans l’OTAN des pays baltes et d’Europe centrale et orientale a accentué l’influence américaine sur le vieux continent.

L’offensive russe dans la Communauté des États indépendants (CEI) et les relations parfois équivoques entre l’UE et la Russie ont participé à la consolidation de l’emprise de Washington sur l’Europe de l’Est.

Cette réalité nouvelle a fait évoluer la position française sur l’opportunité de revenir dans le commandement intégré de l’OTAN qu’elle avait quitté en 1966.

A partir de mai 2007, l’élection à la présidence de Nicolas Sarkozy va jouer un rôle de catalyseur dans le retour de Paris dans le commandement intégré.

Depuis le début du XXIème siècle, l’affaiblissement militaire relatif et la perte de prestige des Etats-Unis, dus à ses interventions militaires en Afghanistan et en Irak, ainsi que la grave crise économique qui secoue le pays depuis septembre 2008, ont aussi eu de fortes répercussions au Japon et dans l’UE.

L’élection d’un métis, Barack Obama, à la Maison Blanche en novembre 2008 a soulevé d’immenses espoirs à travers le monde.

Mais cela sera-t-il suffisant pour redonner confiance au pays et relever les énormes défis de politique étrangère ?

Quoi qu’il en soit, les Etats-Unis et l’UE ont intérêt à dépasser leurs désaccords s’ils veulent « façonner le monde » à leur convenance dans un délai maximum de vingt ans.

Après cette période, selon Lord Patten of Barnes ancien Commissaire européen aux relations extérieures (1999-2004) « les tendances économiques et démographiques nous obligeront à partager ce pouvoir avec les deux géants asiatiques émergeants, la Chine et l’Inde ».

S’agissant de la Chine, on a assisté depuis les années 1990, à un rapprochement stratégique entre ce pays et l’UE grâce à l’instauration de réunions ministérielles directes.

Depuis 2001, la Commission européenne a formulé cinq objectifs politiques envers Pékin : mieux intégrer la Chine dans la communauté internationale, soutenir le développement d’une société fondée sur l’État de droit, favoriser son intégration dans l’économie mondiale, améliorer l’utilisation des financements européens et corriger l’image de l’Europe en Chine.

Pour autant, cette relation n’est pas exempte de problèmes.

L’UE demeure insuffisamment présente sur le marché chinois puisque les Etats-Unis continuent d’occuper une position prépondérante et la Russie et le Japon défendent aussi leurs intérêts.

En outre, la crise des produits textiles en 2005 ou le problème des droits de l’homme au Tibet illustré par de nouvelles tensions en 2008 ont démontré, une fois de plus, le manque de coordination entre les pays de l’UE et la difficulté à trouver une position commune.

A l’avenir, face aux Etats-Unis, la Russie et la Chine, l’UE gagnerait à mettre en place des relations cohérentes et pragmatiques.

Finalement, Pierre Verluise nous livre tout au long de son ouvrage une réflexion structurée, précise et équilibrée, un travail très bien documenté et fort utile pour comprendre le monde de ce début de XXIème siècle.

Contrairement aux prévisions optimistes du début des années 1990, le monde de l’après-guerre froide est devenu plus instable, plus inégalitaire et plus dangereux.

A l’image de la rose, les hommes politiques et experts occidentaux de la fin des années 1980 ont été aveuglés par la splendeur de la fleur, ce qui a détourné leur attention des dangers de ses épines.

C’est la raison pour laquelle l’Histoire continue, en espérant avec l’auteur, que l’Union européenne s’en donne enfin les moyens, d’y participer pleinement.

Ph.C

____________________________

[1] Pierre Verluise est docteur en géopolitique et fondateur de diploweb.com, premier site géopolitique francophone. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Une nouvelle Europe (Karthala 2006) et Fondamentaux de l’Union européenne (Ellipses 2008).

[2] Voir son Essai La fin de l’Histoire et le dernier homme, 1992.

[3] A cette date, selon l’auteur, la dette soviétique s’élevait à 70 milliards de dollars et 60% de ce montant était supporté par l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni, contre 2,5% par les Etats-Unis.

 

Actualité géopolitique de la semaine sur le Web :

 

 

http://www.diploweb.com/L-Iran-et-le-croissant-chiite.html

http://www.diploweb.com/UE-OTAN-Georgie-quelles.html

http://www.diploweb.com/The-Arctic-a-Global-Hot-Topic.html

http://www.regard-est.com/home/breves.php?idp=1113

http://www.regard-est.com/home/breve_contenu.php?id=965&PHPSESSID=0d95dbd5f7c1f1282953f1c2505d4ca6

 

dimanche 24 mai 2009 22:25


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